Association Did...'s profileEspace de l'Association ...PhotosBlogListsMore ![]() | Help |
|
|
June 23 C'est quoi l'ITF ?Le but du traitement du diabète de type I (Diabète insulino-dépendant, DID) par l'insuline consiste à normaliser la glycémie, d'une part pour garantir un bien-être physique optimal et d'autre part pour éviter l'apparition de complications tardives. Pour atteindre cet objectif, l'insuline manquante doit être remplacée physiologiquement, c'est-à-dire en fonction des besoins, comme cela se produit chez les personnes non diabétiques. Les bases du calcul des besoins en insuline furent décrites dans les années soixante-dix. Ces connaissances, associées à l'autosurveillance glycémique, constituent les bases du développement d'une stratégie thérapeuthique selon le principe du remplacement fonctionnel de l'insuline, également appelé insulinothérapie fonctionnelle ou ITF.
La première utilisation conséquente d'un tel concept thérapeutique fut réalisée par Richard K.Bernstein, médecin, ingénieur et diabétique lui-même. Il a testé sa méthode durant plusieurs années en coopération avec les médecins du centre de diabétologie de l'institut Albert Einstein et de l'hôpital Montefiore de New York. R.K.Bernstein a publié ses expériences en 1981 dans une monographie intitulée "Diabetes, the Glucograph method for normalizing blood sugar".
En Europe, cette approche fut d'abord développée à Vienne par W.Waldhäusl et K.Howorka qui élaborèrent des programmes d'éducation destinés aux spécialistes puis aux patients. Cet enseignement vise à remplacer l'insulinothérapie intensifiée et conventionnelle par une stratégie "fonctionnelle". * Principe de l'insulinothérapie fonctionnelle
L'ITF ne peut se pratiquer qu'avec un schéma du type basal/bolus qui permet le calcul séparé des besoins en insuline basale et en insuline prandiale.
On appelle "insuline basale", la quantité d'insuline nécessaire à une bonne régulation du métabolisme en l'absence de tout repas. Quand le diabétique est sous injection l'insuline basale (aussi appelée "lente") est du type Lantus ou Levemir, les glycémies de la nuit reflète son "bon" dosage. Si le diabétique est sous pompe il est nécessaire de procéder à des jeûnes (totaux ou uniquement glucidiques chez le jeune enfant) pour régler les doses de basale.
En pratique, on va calculer précisemment quelle est la dose d'insuline nécessaire pour 10 g de glucides. Une fois ce ratio déterminé pour chacun des repas (les besoins varient fréquemment selon qu'il s'agit du petit déjeuner, du déjeuner ou du diner) il ne restera qu'à calculer la quantité de glucides de chaque repas et à injecter l'insuline en conséquence grâce à une banale règle de trois. C'est finalement très simple. Ca demande un peu de rigueur au départ le temps de calculer les ratios (ceux-ci doivent être réajustés régulièrement, les besoins changent quand l'enfant grandit.) Mais peu à peu on sait quelle est la quantité de glucides de tel ou tel aliment et la règle de trois devient un automatisme bien rodé. Même pour les nuls en maths comme moi Isabel * Extrait de Diabtrends "Functional Insulin Treatment -Insulinotherapie fonctionnelle ou comment concilier le plaisir de vivre et les exigences d'un traitement moderne." Pourquoi l'ITF ?Pendant de - trop nombreuses - années la déclaration d'un diabète de type 1 signifiait une mise au régime du diabétique. Il s'agissait de manger en fonction d'une dose d'insuline injectée, non plus à sa faim et/ou selon ses envies mais en suivant les prescriptions du médecin.
Malheureusement cela se pratique encore presque partout. On évalue les besoins en insuline de l'enfant ou de l'adulte selon son âge, son poids, etc. et on prescrit en conséquence un nombre de glucides à ingérer par jour. Evidemment, on limite la quantité de lipides pour ne pas que le diabétique, sujet plus qu'un autre aux risques cardio-vasculaires, n'ait une alimentation trop riche en graisses.
Bien sur, le calcul est logique puisque les besoins en insuline correspondent à l'alimentation correcte et équilibrée de l'individu.
Bien sur, on peut évaluer les besoins MOYENS d'un enfant ou d'un adolescent en terme d'alimentation, mais cela sous-entend nier les variations d'appétit, cela supprime aussi une partie du plaisir de manger. Pas seulement parce que ça signifie bien souvent (selon les prescriptions des services hospitaliers) de supprimer quasiment tout aliment sucré en dehors d'un épisode d'hypoglycémie mais aussi parce que ça oblige à finir son assiette si l'on ne veut pas risquer l'hypo.
Le danger est triple selon nous :
- L'ambiance des repas peut vite devenir cauchemardesque : Il FAUT que l'enfant mange une certaine quantité de glucides pour ne pas risquer une hypo. Imaginons qu'il n'ait pas très faim ce jour là. L'angoisse des parents va les conduire à exercer une certaine pression sur leur enfant.
--> On entre rapidement dans un cercle vicieux où l'alimentation devient un enjeu, un rapport de force.
- Imaginons maintenant que les parents ne rentrent pas dans le rapport de force au moment du repas. Ils devront donner quelques minutes/heures plus tard un aliment sucré pour resucrer l'hypo qui survient.
--> On court le risque de dérégler complétement l'appétit d'un enfant et sa régulation naturelle. D'autant que les resucrages répétés sont un risque notable de prise de poids.
- Au bout d'un certain nombre d'années de diabète, en plus des contraintes inhérentes au traitement (glycémies, injections...) se surajoutent les contraintes liées au "régime" Pas question d'aller à l'anniversaire de la petite copine si c'est pour regarder les autres manger le gâteau, quelques bonbons ou une glace. Pas question de faire une sortie à la pizzeria avec les copains ou de faire suivre le ciné d'un petit tour au Mac'Do.
--> L'alimentation devient un obstacle à la vie sociale. On aggrave le risque d'un "pétage de plombs" et donc d'un abandon total du traitement de son did par l'adolescent.
S'il l'on reprend les bases : "Le but du traitement du diabète de type I (Diabète insulino-dépendant, DID) par l'insuline consiste à normaliser la glycémie. [...] Pour atteindre cet objectif, l'insuline manquante doit être remplacée physiologiquement, c'est-à-dire en fonction des besoins, comme cela se produit chez les personnes non diabétiques."
Un enfant non diabétique qui mène une vie équilibrée, bouge comme tout enfant de son âge, s'alimente en fonction de son appétit, se voit proposer une nourriture variée et équilibrée et ne souffre pas de déréglement de l'appétit ne MANGE PAS tous les jours le même nombre de glucides !
IL N'EST PAS PHYSIOLOGIQUE DE MANGER 100 OU 200 G DE
FECULENTS ET 50 G DE PAIN A CHAQUE REPAS !!
L'insulinothérapie fonctionnelle c'est le simple bon sens : On pallie aux défaillances du pancréas en injectant la quantité d'insuline qui correspond aux glucides ingérés. En prenant en compte, bien sur, l'activité physique du jour et la glycémie pré prandiale (avant le repas.)
Mais en premier lieu, c'est l'appétit et les besoins du moment qui dictent la dose d'insuline à injecter.
Une alimentation équilibrée signifie respecter les besoins du corps. Elle n'exclue pas de manger des aliments sucrés, de ne pas manger de glucides si on en n'a pas envie, pourvu que l'équilibre se fasse d'un repas à l'autre sur la journée ou la semaine. En proposant des repas équilibrés à nos enfants, on leur inculque de bonnes habitudes. En respectant leur appétit, on leur permet d'être bien dans leur peau et à l'écoute de leurs vrais besoins. Pouvoir manger "comme tout le monde" (sous entendu comme ceux qui mangent équilibré) c'est un facteur important d'acceptation de la maladie. Ca l'est encore plus pour un enfant.
Isabel
Témoignage d'un stage d'ITF à l'hôpital de la Timône à MarseilleParce qu'au delà des arguments, rien ne vaut le vécu :
« Cette semaine, nous étions à l'hôpital à La Timone, Camille et moi, pour un stage d'insulino- thérapie fonctionnelle. C'était vraiment super.
Au goûter, on a mangé le gâteau tous ensemble. Camille en a pris 2 énormes parts et les glycémies qui ont suivi étaient OK (même un peu basses.) Le jeudi, je suis allée au McDo du coin avec une des mamans. Les petits nous avaient fait une liste et on avait ordre (par la diététicienne) de leur prendre tout ce qu'ils voulaient.
Enfin le vendredi matin, avant de partir, il fallait tester un petit déjeuner ultra sucré. Elle a mangé un pain au lait, du Nutella du... MIEL , une brique de lait chocolaté (alors qu'à la maison, elle a droit à une petite cuillère rase de Cankao (à l'aspartame). Je lui ai fait 3 fois plus d'insuline que d'habitude mais la matinée a été bonne.
COMPTE RENDU 2 MOIS APRES LE STAGE
Suite au compte-rendu sur le stage ITF que nous avons fait Camille et moi à l'hôpital en octobre, voilà aujourd'hui le compte-rendu des 2 mois qui viennent de passer. Aujourd'hui, je prends son assiette, je lui demande combien elle veut de cuillères et je pèse ensuite. *Voir le Lexique
June 22 La méthode de JujuVoici comment Florence et moi avons appris l'ITF, grâce au reseau internet des diabétiques, avec Juju comme super coach !
« Je commence donc ce petit cours qui vous verrez sera simple mais vous permettra de manger suivant vos envies sans aucune frustration (enfin attention tout de même aux kilos.)
Ø Trouver les bonnes doses d'insuline basale Ø Apprendre à compter les glucides et les lipides Ø Trouver les bons bolus pour les repas Ø Trouver les bons bolus de correction (le test du gâteau) Ø Comment adapter au quotidien (repas particuliers : chinois, raclette ... ou bien sortie restau, repas de famille ...)
Etape 1 : Trouver les bonnes doses d'insuline basale (basal sous pompe, dose de Lantus ou de Levemir pour les piqués.)
Pour savoir si l'insuline basale est bien dosée il faut faire un jeûne, la plupart des services de diabeto préconisent un jeûne de 36h avec vérification des glycémies toutes les 2h (même en ambulatoire.) Vous pouvez le faire, rien ne vous en empêche ... mais bon on peut réussir sans jeûner aussi longtemps je pense (c'est peut être plus étalé dans le temps mais bien moins désagréable.) Sous Lantus ou Levemir c'est un peu différent car on ne peut pas autant agir sur le basal, mais du coup les réglages sont plus faciles. Pour la Lantus il faut que la nuit soit stable (car aucune autre insuline n'agit alors que la journée on peut corriger le tir s'il faut) donc un contrôle en pp le soir puis un ou deux contrôles nocturnes et une glycémie au réveil suffisent pour vérifier la stabilité. Sous Levémir, c'est identique à la Lantus pour la dose du soir, par contre pour la journée ... un petit jeûne sur le matin avec contrôle toutes les heures ou 2h et/ou le lendemain jeûne sur le midi et contrôles réguliers permettront de vérifier.
Etape 2 : Apprendre à compter les glucides et les lipides Se référer pour une liste non exhaustive de la quantité de glucides par aliment au dossier "Outils"
Pour l'ITF j'ai oublié de vous le dire mais la balance au moins au début est indispensable ...
Je ne peux pas apprendre pour vous mais je vais vous faire des exos Un petit exercice de maths en plus : Calculer la quantité de glucides de ce repas (et mettre la quantité de lipides en estimant : -, +, ++ ou +++) : Repas 1 : Pates carbo (crème, oeuf, lardons) : 225g de pâtes cuites Haricots verts : 110g Une tomate en entrée avec un filet d'huile d'olive Un yaourt Taillefine chocolat (15g de glucides) Repas 2 : 5 biscottes beurrées Un bol de chocolat au lait (300mL de lait, 10g de kancao) Une barre de chocolat aux noisettes (poids 30g)
Repas 3 : Une salade de tomates/concombres
De plus, ce serait bien de faire pareil avec vos prochains repas (chacun choisit une journée et note tout ce qu'il ou elle mange pour ensuite le transcrire et calculer glucides et lipides.) Dès que les glucides sont à peu près intégrés on calculera les ratios pour mettre en pratique.
Etape 3 : Trouver les ratios glucides/insuline pour les différents repas
Etape 4 : Test du gâteau ou comment savoir de combien ou monte avec une quantité calculée de glucides ou comment ou descend avec une quantité d'insuline
Le test en lui même est simple : on mange l'aliment test à un moment ou aucun bolus n'agit plus et ou la glycémie de départ est bonne (entre 1g et 1.5g), et 2h après on regarde la glycémie (on pourra ainsi calculer de combien on monte en fonction de la quantité de glucides). On va également pouvoir vérifier le temps de digestion de l'aliment. Puis on fait un bolus de correction pour obtenir la même glycémie qu'avant le test et 2 ou 3h après on contrôle de nouveau la glycémie. Ainsi on sait comment agit la correction et on pourra la calculer au plus juste.
Attention ! Cette méthode est adaptée pour les adultes. Pour les enfants, un apprentissage en stage à l'hôpital est plus sûr.
Un immense merci à Juju qui nous autorise à publier sa méthode et qui nous a tant aidé lors de nos premiers pas pour l'ITF
|
|
|